Samedi 7 novembre 2009

« Ce que pressentaient tous ceux qui se sont intéressés, même de loin, à la « question ivoirienne » durant la dernière décennie, est maintenant confirmé : Le Burkina Faso soutient la rébellion, le Burkina Faso arme la rébellion, le Burkina Faso a financé l’assassinant de milliers d’Ivoiriens, le Burkina Faso est responsable, partiellement mais sauvagement responsable des violences qui ont mis la Côte d’Ivoire à feu et à sang, durant les sept dernières années.

 

Un rapport de l’ONU le confirme en effet, des armes destinées à l’armée du « Pays des Hommes intègres » sont refilées illico aux rebelles. Le gouvernement en face, se réarme lui aussi, à trois semaines du premier tour des présidentielles.

 

Les sempiternelles exhortations à l’Unité Africaine sont bien évidemment des bobards. Tout le monde devrait l’avoir compris. Les guerres, la corruption et la mauvaise gouvernance ont fait plus de morts que la Colonisation et l’esclavage. Mais cette vérité là, très peu d’observateurs osent la dire. Pour ne pas froisser… Comme si on pouvait s’autoriser à voiler la vérité au cancéreux, alors qu’on a besoin de son consentement éclairé avant la chimiothérapie.

 

Il est évident que le Burkina ne soutient pas la rébellion par simple sympathie idéologique. Une raison plus profonde est la rancune profonde accumulée depuis quelques décennies par certains pays du continent. La misère, les famines et la guerre anéantissaient la sous-région ouest-africaine, le Nigéria, le Tchad et même le Sénégal, pendant que deux pays la Côte d’Ivoire et le Cap-Vert s’en sortaient sans aucune égratignure.

 

Que l’on ne me parle pas d’amitié entre les peuples. Les hommes peuvent avoir des amis de tous les horizons, les peuples ne peuvent se permettre d’en avoir.

 

Un jour la guerre se terminera. Pour sûr. Une nouvelle élite prendra le pouvoir. Mais qu’on ne s’y trompe pas, les « voisins » paieront au prix fort leur couardise d’aujourd’hui. Au prix fort. J’espère simplement que lorsque ce jour viendra, j’aurai assez de courage pour ne pas baisser les yeux en appuyant sur la gachette.

 

Et si survivent quelques enfants, qu’on les jette à la mer. »

 

Voici à peu près ce que j’aurais écrit si je n’avais pas lu « une saison de machettes » de Jean Hartzfeld.

 

La vie est trop courte. J’aime trop les plaisirs de la chair et du vin pour m’autoriser la moindre haine. Je ne serai jamais ni Keynes, ni Revel. Est-ce une bonne raison d’envier Mengitsu ?

Par ralph - Publié dans : Coup de Gueule - Communauté : Côte d'Ivoire - Afrique
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